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Tag: Politique

  • Les cents aspects des élections américaines

    Propos recueillis par Frantz Duval
    Pour bien comprendre l’élection américaine, Frantz Duval, en voyage d’étude à Duke University, a interrogé Roosevelt Jean-François, journaliste et bloggeur (www.rooseveltjeanfrancois.com) qui vit aux USA. Récipiendaire d’un Fulbright Research Scholar et Adjunct Professor à la Florida Atlantic University (FAU), Jean-François enseigne, consulte et coach sur le leadership global, les relations internationales et le développement personnel et organisationnel. Il est aussi un observateur attentif de la scène politique américaine. Lire plus sur http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=110486
    Barack Obama et Mitt Romney
    Barack Obama et Mitt Romney
     

     

    Le Nouvelliste (LN) : Les Etats-Unis d’Amérique élisent ce mardi 468 membres du Congrès, 11 gouverneurs et un président, est-ce exact ?

    Roosevelt Jean-François (RJF) : Oui, c’est bien exact. Les Américains vont aux urnes ce mardi pour élire 468 membres du Congrès, dont la totalité des 435 membres de la Chambre des représentants et 33 sénateurs qui correspondent au renouvellement du tiers du Sénat. Ils élisent également 11 gouverneurs, près de 6 000 assemblées locales et se prononcent sur des référendums locaux autour des sujets aussi divers tels que l’avortement, les impôts, la légalisation du mariage entre personnes de même sexe, le découpage de nouveaux comtés géographiques, etc.

     

  • Leadership Daniel Rouzier: “avoir le coeur à la bonne place”.

    Un collègue qui suit comme moi le cours « Minority and Diversity Studies» à FAU travaille sur un projet de mémoire sur Anténor Firmin et ses idées libérales. Je lui ai parlé du livre de Daniel Gérard Rouzier sur Anténor Firmin et Leslie Delatour. Et grande a été ma surprise ce vendredi soir de rencontrer Daniel Rouzier au vernissage des oeuvres de Philippe Dodard à la librairie centrale de Broward en Floride. C’était en 2008!


    Rapidement, j’ai fait part à Daniel du projet de mon ami. Et nous avions entamé une conversation sur Firmin , ses idées, Haïti et les Etats-Unis.

    Debout entre deux Dodards accrochés aux cimaises de la librairie centrale et dans une ambiance très décontractée et éclectique, nous avions fait le tour des grandes idées ayant dominé l’histoire haïtienne.

    Daniel m’apprend rapidement que le livre classique d’Anténor Firmin « De l’égalité des races humaines » figure parmi les livres à lire dans les classes d’économie de l’Université d’Oxford. Il cite également un autre texte de Firmin « Le président Roosevelt et Haïti » qui pourrait être très utile pour ce travail de recherche académique.

    Il me cite l’un des maitres à penser de Firmin : Boyer Bazelais

    L’un des points qui m’est venu à l’esprit au cours de cette conversation est le fait que les Etats-Unis ont connu eux aussi des moments de crise qui ont abouti également à des assassinats et des guerres civiles mais que ce pays a toujours su trouver un leadership et des leaders nécessaires qui ont toujours fait la différence à des moments difficiles et périlleux. Je cite Abraham Lincoln pour la guerre de scécession, Marthin Luther King pour la lutte pour l’émancipation, John FitzGerald Kennedy. J’ai même osé comparer Washington et Dessalines qui tous deux ont eu un parcours de militaire et de premier chef d’Etat d’Haïti et des Eats-Unis.

    Daniel sourit. Ses yeux deviennent plus perçants et son verbe plus fluide.

    « Il ne faut pas voir les hommes, me dit-il mais la machine qui les produit. Dessalines était terrassé par la haine et son entourage était encore pire. Tout le monde avait peur de lui et ses proches ne flattaient que ses bas instincts et ses passions. Mais, Washington avait à ses côtés une équipe avec les autres fondateurs Adams, Jefferson, Madison etc. »

    Après l’assassinat de Marthin Luther King, m’apprend-il, un de ses proches Andrew Young était convié à intégrer une commission d’enquête sur sa mort. Young a décliné arguant que ce n’était pas de sa compétence pour chercher qui sont les coupables du crime et qu’il avait comme devoir de poursuivre le rêve du pasteur King de conduire les noirs vers l’émancipation.

    C’est un signe de confiance dans le système et de ne pas perpétuer des revanches passionnelles.

    Daniel me cite en exemple le cas de Charéron qui devait rédiger la première constitution de l’Etat indépendant d’Haïti. Comme secrétaire de Dessalines, Charéron s’est inspiré de la constitution américaine et de ses valeurs républicaines. Le texte de Charéron a été mis de côté pour celui de Boisrond Tonnerre, un autre secrétaire de Dessalines, plus zélé avec ses idées revanchardes contre les anciens colons.

    Daniel me dit : « Il faut avoir le coeur à la bonne place ». En ce sens, il faut être animé des bonnes attitudes.

    Et pour lui, c’est tout le problème du pays aujourd’hui : « avoir son coeur à la bonne place ».

    Daniel m’informe qu’il travaille sur un livre à paraitre le mois prochain sur le leadership. Son leader modèle est Jésus-Christ qui nous a appris à servir avant d’être servi et à aimer les autres.

    Il m’a donné en exemple des “focus groups” sur le leadership qu’il a organisés avec des responsables politiques et des tribuns de la société pour les inviter à réfléchir sur leur croissance personnelle. Avec des femmes de plusieurs quartiers de Port-au-Prince, les “focus groups” réfléchissent et commentent des textes de Platon, etc…

    J’ouvre une parenthèse sur le business. Cette année, le pays a vendu près de 2000 véhicules neufs. Beaucoup plus que l’année passée mais beaucoup moins qu’il y a 6 ans.

    Et Sun Auto se porte bien. Ce qui me réjouit.

    Nous nous sommes donné l’accolade au plaisir de nous revoir dans les mêmes sentiments.

    http://www.rooseveltjf.wordpress.com

  • Leadership Martelly et fête du drapeau!

    Le président Martelly a un nouveau rendez public. Celui du 18 mai à l’Arcahaie pour la fête du drapeau. Ce sera l’occasion pour lui de se  rattraper après sa prestation de samedi dernier.

    Hier après-midi, j’ai eu l’occasion d’animer une causerie pour des jeunes d’une église baptiste à Fort-Lauderdale autour de la fête du drapeau. J’ai commencé mon intervention par des questions. Des questions simples: pourquoi un drapeau? C’est quoi un drapeau? Quel est le sens du drapeau ? Quelle relation entre le drapeau, Haïti et vous qui n’avez jamais été en Haïti? Quelle relation entre le drapeau haïtien et le drapeau américain?

    Les réponses que j’ai eues se résument sur le symbolisme du drapeau. C’est ce symbole qui nous unit. C’est ce que nous avons en commun et qui fait de nous une communauté au delà des frontières et malgré nos différences.

    Je crois que le Président Martelly devait lever le niveau de son jeu pour cette occasion. Affirmer la fierté haïtienne. Sur ce point, il peut se référer aisément à l’homélie Kébreau  et aussi puiser de l’histoire haïtienne pour inspirer son équipe, la population et le reste du monde.

    Pour le moment, Haïti a presque tous les drapeaux de la terre qui flottent sur son sol. C’est un point à aborder. Et les Haïtiens chantent plus d’un hymne: multi nationalité.

    Nous chantons le Star Spangled Banner (La Bannière étoilée), l’hymne américain, l’Ô Canada… La Marseillaise et le Quiqueyannos valientes, respectivement de la France et de la République Dominicaine, ne dépassent pas notre gorge. Et ceci pour bien des raisons.

    En tout cas, le président a rendez vous pour marquer la différence et le changement, montrer l’autre type de leadership… communiquer sa vison, son plan, inspirer…dégager des perspectives.

    Le contenu doit être pesant. Il faut s’attendre à un texte travaillé, profond, et bien délivré.

    Au niveau de la forme et du ton, le Président lit trop vite… Poze… Poze… Un discours se lit lentement par moment. Il faut varier le ton.

    Le président a besoin du coaching à ce niveau. Il lit trop vite. C’était le cas  à la conférence de Presse à Washington avec Hilary Clinton et aussi dans son discours d’investiture). Il doit se rattraper vite à ce niveau.

    Et puis, pas de message négatif… Ayiti yo pavle wè… peut se transformer en Ayiti cheri… yo vle wè-a… Sak pa kontan anbake peut se transformeren Nou kontan, nap met men.

    C’est le rêve qu’il faut vendre et non la réalité. Ce sera pour moi le symbolisme du drapeau et la fête du 18 mai.

    http://www.rooseveltjf.wordpress.com

  • L’homélie de Mgr. Louis KÉBREAU à l’occasion de l’investiture du président Martelly

    Tant de raisons nous rassemblent ce matin, à l’occasion de l’investiture du nouveau Président de la République d’Haïti.
    – Nous voyons dans la présence des invités internationaux, la volonté d’affirmer et d’affiner une solidarité, aujourd’hui plus que jamais, indispensable entre tous les peuples de la terre.
    – Tous les grands commis de l’Etat, ici présents, chaque Haïtien aux abords du Palais, devant la télé ou un poste de radio, manifestent à nos yeux la volonté ferme de tout un peuple qui veut aller de l’avant.

    C’est pour soutenir toutes les raisons positives, tout à fait humaines et généreuses, que l’Eglise, dès la genèse de cette nation et à des évènements marquants de son histoire, accepte d’élever dans la prière et l’action de Grâce, par le rite solennel du Te Deum, les espérances et les projets de ce peuple.

    L’Eglise, dans la ligne de la mission reçue du Christ, ne cessera jamais d’accompagner le peuple haïtien et d’aller à sa rencontre en quel que lieux où il se trouve. Aujourd’hui, unis à tous les prêtres, religieux et religieuses, présents dans les coins les plus reculés du pays, nous sommes ici pour dire encore qu’aucune porte ne doit être fermée au Christ et que sa parole doit parvenir, par les oreilles, au coeur de tous les hommes.

    Cette parole nous invite, dans l’aujourd’hui de notre pays, à l’amour dans sa double dimension : l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Les idéologies politiques les plus saines, avec leurs programmes, passeront mais seul restera ce que l’amour a réalisé.
    L’Eucharistie même que nous célébrons ce matin nous fait découvrir que la vie chrétienne comporte des passages, dans la ligne de Pâque qui est un passage des ténèbres à la lumière, du mensonge à la vérité, de la haine à l’amour. Le Christ, le samedi saint, est descendu aux enfers pour racheter tous ceux qui gisaient à l’ombre de la mort et pour les ramener à la vraie vie.

    Cette descente aux enfers est nécessaire pour renaitre à l’amour et à la vérité. Le Pape Benoit XVI dans l’encyclique « Caritas in veritate », rappelle que : « L’amour dans la vérité est la force dynamique essentielle du vrai développement de chaque personne et de L’humanité entière ».

    Plus loin, le Saint-Père clarifie encore mieux cette assertion: « L’amour est cette force extraordinaire qui pousse les personnes à s’engager avec courage et générosité dans le domaine de la justice et de la paix ; cette force qui a son origine en Dieu, Amour éternel et vérité absolue. Chacun trouve son bien en adhérant, pour le réaliser pleinement, au projet que Dieu a sur lui. En effet, il trouve dans ce projet sa propre vérité et c’est en adhérant à cette vérité qu’il devient libre ».
    Vous avez bien compris tout cela, M. le Président, en suggérant vous-mêmes les textes bibliques soumis à notre méditation.

    Qu’avons-nous fait de concret pour promouvoir la vérité et l’amour, la justice et la paix ? La passion de l’argent et du pouvoir a donné naissance à cette société faite encore d’exclusion et de discrimination ; société en pleine crise sociale, économique et politique. Tout notre système se retrouve ébranlé dans ses racines les plus profondes. Voila pourquoi la crise n’est pas seulement conjoncturelle, elle est aussi structurelle, gisant dans les fondements de la société, minant sa logique, si ce n’est son ethos même : la haine s’est installée, le mensonge est instrumentalisé, la cupidité et la corruption grimacent ; l’on vit dans la crainte, dans la peur, dans l’angoisse. Tout ce qui constituait notre patrimoine historique, culturel et religieux semble volé en éclats et perdu irrémédiablement.

    Dans la foulée, l’Etat voit son autorité affaiblie, car il récompense l’appartenance et non la compétence; la compétence n’est pas orientée au service du bien commun ; le bien commun devient la recherche des intérêts personnels et non ceux de la patrie ; et l’amour de la Patrie, un vain mot. Que dire donc devant ces faits criants : Véritable descente aux Enfers ? Devant une telle dégradation : s’accuser réciproquement ou battre chacun sa coulpe ?

    Mais en même temps, il nous faut paisiblement nous interroger sur l’influence réelle de la présence de l’aide externe ou extérieure dans nos affaires et sur nos affaires ; bienfaits et méfaits sont à peser et soupeser froidement, car souvent, dans le cadre de ce qu’on appelle de nos jours le devoir d’ingérence, Haïti risque de devenir un produit mis aux enchères.

    Je crois, Monsieur le Président, que l’heure est venue de nous réapproprier notre destin hypothéqué, la souveraineté nationale mise à mal, notre identité noyée dans des cultures qui nous déracinent des valeurs qui, dans le passé, favorisait la liberté et la prospérité de la nation. Ce sont ces mêmes valeurs qui nous gardent toujours debout malgré les vicissitudes de notre histoire : la foi en Dieu, l’espérance en un lendemain qui finira par être meilleur, et une charité dont la misère ne saurait entraver le chemin.
    Mais, l’heure est venue de faire place aussi à la raison pour établir des critères de discernement et rechercher les voies et moyens qui nous permettent de sortir d’une totale dépendance politique et socioéconomique. L’heure est venue de construire nos propres capacités pour susciter et faciliter un nouveau leadership, pour affronter les défis des temps présent et futur.

    L’heure est venue pour une vraie renaissance de l’haïtien et de l’haïtienne en vue d’une nouvelle Haïti ou mieux d’une Haïti renouvelée. Il est de toute urgence que l’Etat s’engage à construire un nouveau protagonisme haïtien sur la scène nationale et internationale.

    L’heure est venue d’enclencher un véritable dialogue national : pour bâtir un plan national de développement durable, pour réconcilier la nation avec elle-même, pour établir un code d’éthique politique et un pacte de gouvernabilité du pays, pour définir le profil du nouveau type d’haïtien, d’haïtienne et le profil de la nouvelle société recherchée. Et conclure ainsi ce que l’on peut bien nommer un Pacte social aux contours et aux aspirations marqués au coin du respect mutuel, de la transparence, de la solidarité, de la justice. Vous direz alors, votre volonté d’être à l’écoute de chaque Haïtien, et spécialement, puisqu’il s’agit d’écouter, de ceux qui n’ont jamais eu la voix au chapitre ou qui n’ont plus de voix. C’est seulement après les avoir bien écoutés, qu’il faudra parler en leur nom. Et là, il ne faudra pas avant tout leur dire ce qu’ils veulent entendre, mais ce qui doit être dit. Vous avez envers ce peuple, le devoir de la vérité, de l’honneur, du respect de la parole donnée.

    Comprenez bien tout cela, Monsieur le Président, parce que votre investiture à la Magistrature suprême de l’Etat est un signe, un symbole exprimant le désir de tous ceux qui ont placé en vous leur confiance et, en général, de tous les haïtiens, haïtiennes indistinctement, dont vous êtes le président. Ils ont besoin vraiment de respirer un air de liberté et de sécurité indispensable à leur plein épanouissement.

    Nous retrouvons ainsi, en votre personne, le désir profond de tout un peuple, de notre peuple, votre peuple, d’un changement radical, mais authentique dans la gouvernance de ce pays ; un pays où nous ne cessons de rappeler que chaque haïtien doit avoir sa place. Chaque membre de cette nation a une pierre à apporter à sa reconstruction physique, économique, sociopolitique, culturelle et religieuse qu’il faut accueillir et déposer à sa juste place.

    L’Evangile de Matthieu (Mt 20, 17-28) que vous avez écouté soulève une question exigeante. C’est celle que Jésus pose aux deux fils de Zébédée, Jacques et Jean: « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire » ? Ils répondent : « oui » ! Mais ils n’ont aucune idée de ce dont il parle. Prenez pour vous-même aussi, M. le Président, cette même question. Je veux croire que votre réponse sera certainement positive avec, bien sûr aussi, des conséquences auxquelles vous ne vous attendrez pas.

    Durant votre tournée du pays, vous avez constaté la coupe à laquelle s’abreuve ce peuple meurtri, humilié et bafoué : coupe remplie de souffrances physiques, morales et spirituelles ; coupe de la privation, de la solitude, de l’exclusion, de l’abandon et de l’angoisse. Une coupe remplie d’amertume. Comment transformer cette coupe de chagrin et de tristesse en espérance, joie et amour? Le Christ qui a bu cette coupe jusqu’à la lie, avait la confiance pleine et entière de son Père qu’il appelait « Abba, Papi » ! Le coeur blessé d’amour, il s’est livré, s’est donné pour le salut de ce peuple. Puisqu’Il dit qu’« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ».

    Vouloir ce changement radical implique de votre part une option claire et nette de vous mettre au service de chaque haïtien, de chaque haïtienne, peu importe sa condition sociale, économique, politique et religieuse. Tout en étant attentif à tous ces niveaux d’intervention, il faut se rappeler la mise en garde du Pape Benoit XVI dans Caritas in Veritate (CIV), numéro 29: « Les pays économiquement développés exportent vers les pays pauvres …, une vision réductrice de la personne et de sa destinée. C’est le dommage que le surdéveloppement inflige au développement authentique quand il s’accompagne d’un sous-développement moral ». Prenez garde à ne pas vous laisser influencer par des idéologies qui ne favorisent pas l’intégration des valeurs, de nos valeurs culturelles et religieuses.
    Monsieur le Président, la tâche est immense. Mais, je vous encourage à ne laisser rien, ni personne, vous faire perdre cet élan de confiance qui vous porte à la charge suprême de l’Etat, qui apporte l’espérance à un peuple par trop désabusé. Que ni rien ni personne ne vous fasse abandonner votre rêve de voir un jour ce pays se relever de ses souffrances.
    Connaissez-vous aujourd’hui un Président ou un Chef de Gouvernement qui arrive au pouvoir sans avoir des défis à relever et des décisions importantes à prendre ? Le cas d’Haïti dévasté par les catastrophes, intempéries et épidémies, semble être particulier. Mais, je ne vous apprendrai rien en vous disant que c’est un peuple fort qui se met sous votre commande.
    Ou te mèt wè pèp sa a pliye e li pliye ba anpil wi jodia, men li pap kase, paske li pap dekouraje. Toujou sonje ou se Presidan tout Pèp sa a, san distenksyon. Sa ki fè fos peyi sa a, se tèt ansanm ; yon tèt ansanm kote tout ayisyen ap mete men ; yon tèt ansanm kote pa gen diferans ant rich ak pov, ant nwa, rouj, jonn ak blan. Sonje nan batistè peyi nou keksyon sa a, zansèt nou yo te reglel pandan yo te asume devan tout nasyon sou tè a : nou se yon sèl pèp, e pèp sa a se yon pèp nèg li ye. Fok nou toujou sonje sa pou nou ka vanse sou chimen tèt ansanm nan ; yon tèt ansanm kote ni tèt ki kale, ni tèt ki pa kale genyen menm dwa ak menm devwa.
    A chak fwa yon presidan tou nef monte sou pouvwa nan peyi sa a, gen anpil kè ki toujou ap sote. Yo pè pou avni yo, pou pozisyon yo. Pinga okenn fonksyonè ki konpetan trakase yo, depi yo fè travay yo byen epi ak konsyans yo. Men pinga tou okenn moun ki anpeche peyi sa a vanse pi devan, nan mete ensekirite, injistis, kidnaping kontinye chita kè popoz, paske problem sa yo dwe fini.
    A chak fwa yon nouvo gouvènman ap monte, anpil projè ki te komanse ap bay rezilta konn kanpe epi moun ki te konn mete tout tan yo ak tout fos yo ladanl konn pran gwo desepsyon. Legliz la envite presidan an ak tout moun pèp la bay manda kontinye tout program ki bon e ki bay rezilta. Li envite nou tou, nan menm misyon profetik li genyen, kanpe tou swit tout aktivite ki pap mennen ni Ayisyen ni Ayiti okenn kote : aktivite dilatwa, dezod, divizyon, piyay ak dechepiyay epi tout lot kalite briganday.
    Nou lapryè Bondye pou l delivre nou anba tout sa ki anpeche Ayiti mache epi pou li banou fos pou nou ankouraje nan sa nap fè ki bon pou nou ak pou tout lot pep.
    Som 34, vèsè15 ede nou lapriyè konsa : « Sispann fè sa ki mal. Fè sa ki byen! Chache jan pou nou viv byen ak moun. Fè tou sa nou kapab pou nou viv byen ak tout moun. Se sa mande nou ».
    Notre prière, Mr le Président de la République, continuera à attirer la bénédiction de Dieu sur cette terre pour l’aider à sortir du gouffre du désespoir vers la lumière de l’espérance.
    Que le Christ Ressuscité vous bénisse et vous aide à réaliser tous les projets et bons voeux que vous formulez pour ce pays.

    Que Notre Dame du Perpétuel Secours vous apprenne, la fidélité, la persévérance dans les bonnes décisions.
    Que Saint Joseph, le Père Nourricier de Jésus, vous aide à avoir une attention singulière pour chaque membre de cette nation.
    Que Saint Michel Archange, votre patron, défende et protège la nation haïtienne. AMEN !

    Mgr Louis Kébreau, sdb

    Archevêque Métropolitain du Cap-Haïtien, Président de la Conférence Episcopale Haïtienne

    14 mai 2011

  • Leadership et transition des 100 prochains jours!

    Haïti est à la mode. Comme aux Etats-Unis, le nouveau président haïtien a 100 jours pour prouver sa capacité de leadership et de changement. Une étude du Center for Creative leadership avance que les actions posées pendant les 3 premiers mois sont déterminants pour assurer  le succès ou l’échec de  nouveau leader -qu’il s’agisse d’une entreprise, d’une communauté ou d’un pays.

    J’ai lu plusieurs livres sur la pratique du leadership. Mais, je n’ai trouvé qu’une littérature assez mince sur le leadership en transition. Je veux toutefois partager ces réflexions  avec l’arrivée au pouvoir du président Martelly.

    Michael Watkins & Peter Daly dans le livre  “The first 90 days in government : Critical success strategies for new managers at all levels” mentionnent 4 éléments de base  pour assurer la transition de leadership dans une nouvelle position.

    1.- partir d’un bon pied.

    Tout leader doit commencer par faire un diagnostic de la situation pour avoir plus de clarté tout en définissant les défis et opportunités. Ceci permet de voir les forces et faiblesses par rapport à cette situation et déterminer ses vulnérabilités. Il faut aussi faire bonne impression dès le premier jour en définissant un plan.

    2.- Avoir des victoires le plus tôt possible.

    Ceci pour renforcer sa crédibilité et créer du momentum

    3.-Monter une équipe.

    Il faut monter une équipe avec des gens qui seront eux aussi en transition. Il faut aussi apprendre à travailler avec des gens qui étaient déjà en poste, forger de nouvelles coalitions, identifier les réseaux d’influence, les forces d’intérêts, tant au niveau local, national et global. Avoir la capacité d’influencer les gens qui ne sont pas directement dans son camp et qui sont des meneurs dans leur sphère d’influence.

    4.- Avoir de la balance

    Avoir la capacité de maintenir l’équilibre émotionnel,  personnel, familial  et professionnel tout en restant engagé à sa cause. Pour ceci, il faut avoir des ressources en dehors de ses conseillers officiels.

    La transition du leadership est une étape qui apporte ses nouveaux défis. Tout le monde attend les 100 prochains jours qui sont les moments les plus vulnérables du leadership en position.

  • Leadership, Assistance and Occupation: lessons from Afghanistan!

    “If we don’t stand for our sovereignty, it won’t take long before that assistance turns into an occupation”, said Afghan President criticizing the US and others.

    As a global leadership scholar, I am studying American soft power leadership and its practices on the global world in general and in Haiti in particular.

    Shortly after the earthquake last January, I spent several days at the airport in Port-au-Prince where most rescue teams stayed for the first phase of the emergency response. Most of the rescues were from Afghanistan and I had the opportunity to talk about the situation of this country.

    I just read a story published by the Wall Street Journal on Afghan Affairs. And what I read is close to the situation in Haiti with one difference: Haiti is not an open war zone on terrorism and ethnic fundamentalism.

    But besides this main difference, some tags words will include both countries: aid, troops, election, corruption, occupation, sovereignty etc…

    100,000 American troops are fighting a deadly war against the Taliban in Afghanistan whose government is propped up by billions of dollars in aid.

    US President Barack Obama just visited his Afghan homologue President Hamid Karzai. Talks from both side were not soft.

    Obama criticized Mr. Karzai on pervasive corruption in his government.

    This looks the same with Obama meeting with Preval recently at the White House. I don’t know the content of their closed talks but shortly after his visit, the State Department released a report on corruption in Preval’s administration.

    USA today published a story pointing at a Minister closed to Preval who is a stakeholder in a construction firm which has been granted several contracts in the reconstruction of Port-au-Prince.

    Afghanistan and Haiti should have elections this year.

    Karzai, on his side, is very hard on elections issues and the control of the Electoral Commission.

    Parliamentary elections are slated for September in Afghanistan. And the control over the Electoral Commission is the main target.

    The main challenge for the US and its allies in Afghanistan is the ability to use at the very same time both the hard power of the military intervention and the soft power of influence through leadership building capacity.

    Soft power as defined by Joseph Nye of Harvard University is the ability to obtain what one wants through co-option and attraction. It is in contradistinction to ‘hard power‘, which is the use of coercion and payment.  Soft power should be based on trust, values and institutions.

    Roosevelt Jean-Francois

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  • Leadership et créativité: des commentaires de Stephen Phelps…

    Je poste ici les  commentaires de mon ami Stephen William Phelps sur les concepts de Leadership et de créativité. J’aime bien la profondeur de sa reflexion sur le concept de la créativité qu’il rapproche  de la liberation.

    C’est vrai, la créativité est un peu une libération, une libération de nos potentialités parfois enfouies dans le fin fond de notre mémoire et même le plus souvent réprimée. Mais cette libération doit elle a son tour être contenue, canalis…ée pour être efficace ou peut elle être chaotique car, comme le dit FranckEtienne, le chaos est créateur ?

    Pour que la vie bourgeonne, ne faut il pas que le pourrissement des choses anciennes soient consommé ? Ah, “si le grain ne meurt…”

    Et le gestionnaire, qui vient “suivre” tout cela, n’est ce pas un peu bureaucratique tout ca ? Comment va t’il exercer son “leadership” peut être aseptisant quand on regarde bien le concept et stériliser, rendre impotent le processus créatif par trop de rationalisme ?

    Cette entreprise est une vraie gageure car, a mon avis le “leadership” tel qu’il nous est présenté au niveau des entreprises, au niveau managérial, est trop prisonnier de certains concepts qui peuvent bloquer et annihiler même la créativité totale, réellement transformatrice.

    Beaucoup de scientifiques ont longtemps été pris dans ce piège et c’est ce qui explique que pendant longtemps ils n’ont pas pu détecter les particules d’anti-matière pourtant largement répandues dans notre univers.

    Et a propos de l’eau qui doit être libre, nous aurons peut être intérêt a nous intéresser davantage a “l’eau sèche” qui nous permettrait de mieux capturer le carbone de notre atmosphère et même d’autres gaz tel le méthane.

    Si nous pouvions réaliser qu’il nous faut sortir des chemins battus des connaissances “acquises», mais bien souvent mal comprises, nous pourrions aspirer a de positives, nécessaires et durables transformations. A ce niveau si des initiatives individuelles, tel la tienne, peuvent faire avancer le débat et même le processus, seul un “cerveau collectif” charriant une vision globale peut concrétiser une telle entreprise car souviens toi Roosevelt que pour qu’il y ait Libération totale du processus créatif et leadership global et intégral dans une société, nous devons tous nous libérer : ” No one is free until all are free”.

    En tous cas bon succès je te souhaite dans cette utile réflexion-entreprise. J’espère que les chemins de nos idées se croiseront ou s’entrechoqueront positivement sur ton blog ou sur facebook pour contribuer a l’avènement du nécessaire chaos créateur et libérateur même si nous devons rester modestes et bien nous rappeler que nous ne sommes même pas une poussière d’étoile. Mais notre cerveau collectif lui peut briller et devenir puissant et éclairer le chemin. Alors avançons ! A bientôt.

    Bonne journee et Courage. Stephen William Phelps.
    Merci Phelps. Appreciations.
  • Leadership et Ethique!

    La presse américaine rapporte les cas de deux parlementaires influents du Black Causus (Charles Rangel et Maxime Waters) et le cas du CEO démissionnaire de Hewlett Packard (Mark Hud) qui sont confrontés à des questions d’éthique qui mettent en question leur leadership et par ricrochet leur influence dans les institutions qu’ils appartiennent.

    Charles Rangel, le plus influent congressman du Black Causus de New York, doit répondre par devant une commission d’éthique pour n’avoir pas rapporté au fisc américain (Internal Revenue  Service) ses revenus sur une résidence de vaccances en République Dominicaine et pour avoir soumis des dépenses inexactes dans ses rapports au congrès.

    De son côté, Maxime Waters est accusée de traffic d’influences pour avoir profité de sa position de Congresswoman pour faciliter des rencontres avec la FED (Federal Reserve Bank) en faveur d’ une banque à laquelle travaillait son mari et qui a pu bénéficier des fonds de l’Administration pour sauver les institutions financières en faillite.

    Les deux sont menacées d’expulsion et se disent prêts à se défendre par devant les commissions d’éthique.

    Dans le secteur privé, le cas qui défraie la chronique est celui  du dirigeant de HP, Mark Hud, qui a du abandonner son poste suite à une investigation sur une éventuelle relation qu’il aurait eu avec une femme d’affaires qui fournit des services de relations publiques pour HP. Il est aussi reproché d’avoir fait des dépenses personnelles à partir des fonds de la compagnie.

    Et dans le secteur des ONG et de la philantrophie, le  cas cité est celui de Mark W Everson, Président et CEO de  la Croix Rouge Américaine, qui a du démissionner suite à des relations déplacées avec une employée.

    Dans l’un ou l’autre cas, il s’agit de cas de “corruption” appellée ici pudiquement “erreur de jugement et écart à l’éthique”.

    Dans le cas des parlementaires Rangel et Waters, il s’agit de la politique. Et dans cette mouvance, malheur par  qui le scandale arrive. Surtout à l’approche des élections de novembre à la mi-mandat d’Obama.

    Dans le secteur privé, l’Amérique corporative vit l’age du capitalisme post Enron , World Com et de Lehman Brothers. Les questions d’éthqiue -si c’était nous les concepts seraient “les cas de corruption” – affectent l’image de la compagnie et son branding. Et l’image de marque et le branding sont aussi un produit de mise en marché de l’entreprise.

    Dans le cas de la plus grande ONG américaine qui vient de rapporter avoir dépensé plus de 109 millions de dollars en Haïti après le tremblement de terre, c’est le cas classique d’appétits sexuels qui aussi ont des répercussions  sur de grandes institutions comme l’église.

    Le Wall Street Journal qui rapporte ces informations commente que des affaires relatives aux questions d’éthique mettent les responsables des entreprises et des institutions danss des conditions difficiles.

    Si l’écart à l’éthique n’est pas une source flagrante pouvant conduire à la révocation, les responsables doivent faire preuve de jugement pour savoir quoi faire et qu’est ce qu’il faut rendre public.

    En agissant trop vite pour se débarasser d’un exécutif, les responsables risquent injustement de se débarasser d’un leader qui pourrait continuer à gérer l’entreprise ou l’institution.

    Mais aussi, s’ils tardent  à agir rapidement- comme c’est le cas pour le Pape Benoit XVI dans des cas de prêtres pédophiles-  des rumeurs circulent laissant croire que les responsables n’ont  pas le contrôle de la situation ou sont coupables de protéger les fautifs.

    Rendre public l’écart à l’éthique peut se réveler une arme à double tranchant. Moins que les responsables parlent, plus il attisent des questionnements du public et des employés.

    Dans la plupart de ces cas, le prix à payer est grand allant de la perte du pouvoir politique, à la baisse des actions des entreprises côtées en bourse et au manque de confiance dans les institutions caritatives et philantroiques.

  • Elections au Rwanda: des leçons de leadership pour Haïti

    Je suis intéressé par ce qui se passe au Rwanda pour voir les similutudes avec Haïti et dégager des leçons de leadership à partir de la réalité de ces deux pays qui n’est pas du tout la même.

    Les Rwandais vont aux urnes ce lundi pour la deuxième fois depuis 1994 après près d’un million d’entre eux se sont entretués dans des guerres tribales ethniques. Une fraction de l’armée conduite par Paul Kagame a mis fin à la guerre et a occupé le pouvoir. Kagamé s’est fait élire pour un premier mandat et est déjà rassuré de se succéder à lui même dans le vote d’aujourd’hui.

    Kagame, malgré ses grands écarts démocratiques, est partout bien accueilli. Son action  en faveur de la reconstruction, de la promotion des femmes, de l’augmentation de la production agricole et d’une hausse des revenus, qui ont triplé, est saluée tant sur la scène internationale que dans le pays.

    Bill Clinton présente le Rwanda comme un modèle de succès. Le pays s’est hissé à la 77 ème place au rang des pays en développement avec un taux de croissance avoisinant les 11% malgré la crise de l’économie globale. 

    Kagamé a opté pour l’apport en investissments étrangers en concluant des accords avec des firmes américaines dont COSTCO pour la vente des produits agricoles  et limité la pénétration de l’aide internationale à travers les ONG’s et les agences multilatérales qui est devenue la nouvelle arme de conquête.

    Les performances économiques du Rwanda sont plus en vue que  les pratiques autoritaires du pouvoir. Des candidats d’autres partis ont été écartés; d’autres arrêtés et  menacés. Des  journaux ont été suspendus, des  journalistes et actvistes réduits au silence.  

    La grande majorité des Rwandais et l’élite économique locale préfèrent ouvertement ce climat  politique. Les Rwandais restent hantés par le souvenir du massacre de quelque 800.000 Tutsis  par des extrémistes hutus.

    Or, c’est la bamboche démocratique après l’introduction de la démocratie multipartite au Rwanda au début des années 1990 qui a conduit en partie à ce  génocide par la montée d’idéologies ethniques radicales.

    Aujourd’hui, la stabilié retrouvée et la croissance économique instaurée, le président Kagame redoute qu’un élargissement de l’espace démocratique introduise le “loup dans la bergerie”,  dit un diplomate occidental dont les propos sont rapportés par l’agence Reuters.

    Le leadership Kagame se résume à sa pleine détermination pour le contrôle local des affaires du pays, son réseau international et ses bonnes performances au niveau de l’économie.

  • Un article de mon ami Gesler Jean-Gilles sur le Plan de Sauvetage National élaboré par Rudolph Boulos et Sauveur Pierre Etienne

    Je reprends ici dans ce blog un article de mon ami Gesler Jean-Gilles sur le processus de la reconstruction en Haïti. 

    Le  Plan Stratégique de Sauvetage National ou la façon novatrice de faire la politique en Haïti

    Par Gesler Jean-Gilles  

    Il convient vraiment de  féliciter le Sénateur Rudolph  Henri  Boulos  et  Sauveur Pierre Étienne, deux hommes politiques que tout au départ semblait opposer, d’avoir pu mettre de côté leur différence idéologique et réussir à  rassembler ces compétences haïtiennes tant de  l’intérieur que de l’étranger autour du projet de construction de ce pays.

    La première impression qui se dégage en lisant le document est que cet exercice apparaît  comme  un pied de nez  en direction de ceux qui persistent à croire qu’Haïti est morte  et enterrée  bien avant le 12 janvier 2010 et que la catastrophe  leur fournit   l’occasion de  prendre en charge a notre place la reconstruction  en  nous imposant   une sorte de plan passe-partout destiné  aux  pays faillis.

    Au moment ou les autorités de Port-au-Prince ne peuvent rien décider sans avoir sollicité préalablement  l’onction du président Fernandez, il est réjouissant de constater qu’ il existe encore chez nous  des hommes et des femmes  possédant une  compréhension articulée  de la problématique haïtienne et imbus de leurs responsabilités citoyennes,  qui refusent d’accepter la  coopération internationale sous  sa forme la plus honteuse:  l’assistanat.

     Le développement d’Haïti ne peut s’accomplir que dans un cadre de la refondation de l’État. Un État effondré,  comme c’est le cas actuellement,  et qui prend  toutes les allures d’un sultanat, ne saurait assumer ses responsabilités constitutionnelles.  Encore que le sultan, en tant que maître de son territoire, adopte de son propre chef,  les mesures administratives et politiques nécessaires  pour gérer son bien  à son avantage en  s’assurant d’une répartition équitable des miettes   entre  ses  sujets.  

     Si l’État haïtien s’est effondré au point de devenir un foyer de l’anarchie, du chaos et des violations des  droits fondamentaux des citoyens,  c’est que des hommes qui sont grassement payés pour veiller à son  bon fonctionnement ont piteusement échoué. En réalité ces gens ne sont pas préparés à l’exercice du pouvoir,  une tâche  importante et  complexe.  L’impréparation des dirigeants et ses conséquences néfastes,  une gestion calamiteuse, couplée à une corruption rampante, ont rivé le dernier clou au cercueil de cet État.  

    Le PSSN  se propose  de restituer  à l’État ses fonctions  régaliennes afin de le mettre en mesure de fournir aux citoyens,  dont dépend sa légitimité, les services publics auxquels ils ont droit. 

    Dans l’optique des rédacteurs du plan, seul un État restauré dans ses fonctions, disposant du monopole de la contrainte physique et de la fiscalité, une idée chère au politologue  Sauveur Pierre Étienne:  un État moderne  est donc  a même d’apporter les solutions appropriées  a ces  problèmes majeurs auxquels fait face la société comme : une formation de qualité  accessible a tous et qui réponde aux défis fondamentaux du XXIe siècle, une couverture sanitaire nationale et efficace, des  services publics accessibles sur n’importe quel point du territoire, une fonction publique dont le personnel est recruté  sur concours, la décentralisation et la déconcentration des services de l’État, un environnement assaini, une diplomatie intelligente  au service des intérêts du pays,  etc.  

    Le nouvel  État à émerger  des décombres du 12 janvier 2010 devra  marquer la ligne entre les droits des citoyens, de l’homme de la rue jusqu’aux plus hautes autorités de la république, et leurs responsabilités aussi. Il est illusoire de penser que les  institutions peuvent fonctionner quand la majorité des citoyens  se comportent  comme dans une jungle parce que ne recevant pas  la protection de l’État a laquelle ils ont droit.

     Ce plan de 160 pages n’est pas la panacée à tous les maux qui affligent Haïti. En revanche, il est assurément  jusqu’à date le meilleur document en circulation pour tenter  de mettre le pays sur la voie de la modernité.  Les  quelques études (trop rares) de partis politiques  que nous avons pu parcourir nous laissent sur notre faim. Par exemple celle de fanmi lavalas,  Investir dans l’humain,  parue en décembre 1999,  est un Livre blanc ; c’est-a-dire  un état des lieux, un inventaire des problèmes et surtout des ressources dont dispose le pays. Ce n’était pas difficile pour ce parti  qui pouvait compter sur la soumission  des hauts fonctionnaires ou des ministres du gouvernement de René Préval à  l’ endroit du bienfaiteur Jean-Bertrand Aristide,  pour accéder aux données qui lui étaient nécessaires à la réalisation de son livre blanc. 

    S’il y a un avant et un après le 12 janvier, on est en droit de croire, dorénavant,  a un avant et un après le PSSN.  C’est  à l’honneur  des hommes et des femmes qui, toutes  disciplines  confondues,  ont investi généreusement  leur temps, leur énergie et  leurs compétences  pour inventorier méticuleusement  les besoins du pays, les chiffrer et indiquer surtout la  façon de les  financer.  Le document a le mérite d’opérer une sorte de révolution dans les mœurs politiques haïtiennes en ce sens qu’il nous mettra, je crois, a l’abri du verbiage qui caractérise souvent les interventions de nombreux acteurs  politiques.  Désormais les politiciens haïtiens ne peuvent plus se contenter de lancer des slogans creux, des promesses fumeuses,  irréalistes ou des mises en garde incendiaires  en lieu et place d’une plateforme électorale et d’un programme de gouvernement. 

    Les rédacteurs du  PSSN ont rompu  avec cette tradition et abordent les grandes questions nationales avec lucidité et une maîtrise de la situation du pays, de ses  ressources internes et aussi des mécanismes de la coopération internationale.  A mon avis, ils mettent  la  barre si haut  que leurs adversaires  vont devoir  s’appliquer à  proposer a leur tour un document de l’envergure du PSSN

     Le temps ou un candidat à la présidence  menait  campagne, sillonnait la république  sans  expliquer pas même une seule fois  à l’électorat,  la raison pour laquelle il sollicitait son vote, ce temps  est dépassé. Dès lors le candidat ne  pourra plus masquer son incapacité à offrir une alternative valable en se livrant à des  attaques ad hominem ou  en colportant des rumeurs les plus farfelues sur le compte de ses adversaires.  Il sera contraint d’énumérer les points de désaccord, affronter le débat politique, exposer clairement son programme en précisant le coût de ses promesses et la provenance de leur  financement dans les limites des  capacités d’absorption réelles du pays.

    Nous nourrissons l’espoir que  les éditorialistes, les analystes et les journalistes politiques se feront le devoir  de cuisiner les hommes  aspirant à diriger le pays sur le projet  qu’ils soumettent  à la nation. Nous le redisons que ce n’est pas faire de la politique que d’interroger un  candidat ou  un chef de parti sur le sérieux de son projet. Il y va de l’intérêt du pays. Et de la société haïtienne.  

    Gesler Jean-Gilles